Un partisan de la paix
Georges Paulin, qui était un homme intelligent, estimait et respectait le peuple allemand. Il tenait en grande estime les ingénieurs et techniciens automobiles, ses concurrents d’outre-Rhin.
Il y avait cependant, entre l’armée impériale et Georges Paulin, véritablement, un cadavre : celui de sa mère Marie-Antoinette, tué, en 1918, par l’obus d’un canon à longue portée (120 km) tiré par l’artillerie impériale contre les civils français de la région parisienne. Georges Paulin n’était nullement militariste, sa famille avait trop souffert de ce que les Français appellent encore aujourd’hui la Grande Guerre : des morts, des mutilés, des gazés. Cet homme n’aspirait qu’à la paix.
Le 18 juin 1940, alors ingénieur dans une usine d’aéronautique militaire, devant le désastre qui accable la France, il écrit à son ami anglais Alec Harvey-Bailey, qu’il ne cessera pas de lutter. Il refusera d’accepter l’armistice demandé par Pétain, un vieillard qui fut vingt ans auparavant un grand général et à qui la classe politique faillie donna tous pouvoirs au milieu du désastre.
Il écrivait cette lettre le jour même où depuis Londres, au micro de la BBC, Charles de Gaulle faisait appel aux Français pour continuer le combat.
La France dépecée
L’armistice a été signé le 26 juin 1940 et dès lors, la France fut découpée en zones : la zone d’Alsace et de Lorraine annexée par l’Allemagne, la zone nord réunie à la Belgique, la zone interdite qui comprenait toute la façade nord-est de la Manche et la